Valorisation des déchets : même le carton pose problème ?

 

Sans parler des multiples déchets et coproduits difficilement valorisables (soit en fonction de leurs faibles volumes, mais aussi de leur mélange, de leur souillure, ou des coûts logistiques importants que leur recyclage imposerait …), il semblerait qu’aujourd’hui, même les matières historiquement bien recyclées (cartons, films PE …) commencent à poser problème.

 

Deux ans après la « fermeture » des frontières Chinoises aux déchets (plus ou moins valorisables) exportés en cargos entiers des pays « développés », commencent à poindre des messages plus ou moins accentués, pour préparer les entreprises à des baisses de cours attendues sur le carton (entre autres) …

 

 

Le discours ambiant reprend à peu près ceci :

 

« Depuis le début de l’année 2018, une conjoncture défavorable induit des charges ; les collectes de matériaux papiers-cartons prévues par les contrats ne peuvent plus générer un rachat de matière et ce jusqu’à ce que ce phénomène conjoncturel s’inverse, et que les cours de ces matériaux retrouvent un essor certain. »


 

Décryptage par un pessimiste :

 

D’abord baisse prochaine, puis peut-être, rachat zéro € la tonne, puis des coûts à prévoir, comme pour le bois, ou pire … le DIB … ? 

 

 

En synthèse : Trop de carton tue le carton … !

 

 

Maintenant, il y a une réalité économique, et le paysage est loin d’être tout rose.

 

L’industrie du déchet connait des difficultés pour trouver des filières aux déchets que nos sympathiques Chinois ne veulent plus.

 

Dans les années passées, de nombreuses papeteries, petites ou moyennes, ont d’abord connu le chômage technique, pour manque de matières, puis ont fermé DÉFINITIVEMENT …

 

 

Profitant pendant trop longtemps d’une exportation facile et rentable, certains grands acteurs du recyclage ont préféré une rentabilité assurée à court terme, plutôt que d’investir dans des filières Françaises pérennes.

 

Résultat : soit les usines toujours existantes n’ont pas la capacité d’absorber tous les tonnages, soit les matières mal triées n’intéressent personne.

 

Si le discours global repose sur une malheureuse réalité, il faut prendre du recul et savoir sagesse garder !

 

Concernant le contexte du marché des cartons et films polyéthylènes :

 

Les films PE de bonne qualité (propres, naturels, sans étiquettes et bien triés) trouveront toujours des filières intéressantes parce que l’industrie plasturgique en a besoin, et il suffira que les prix des hydrocarbures remontent pour que les cours du PE remontent, également, pour que les cours du PE repartent également à la hausse.

 

Concernant les cartons, d’accord les papeteries ne pourront pas tous les digérer, mais il existe d’autres filières, moins connues, et plusieurs en gestation.

 

Donc, tout l’intérêt d’avoir les bonnes informations et/ou d’être bien accompagné, les enjeux sont importants.

 

 

Mais indépendamment du stress que ce genre de situation provoque, cette dernière est surtout la confirmation d’une réalité que tout le monde soupçonne, en se cachant, volontairement ou involontairement, les yeux …

 

Alors que la majeure partie des déchets produits sont encore enfouis ou incinérés, il est évident que, même s’il faut le développer au maximum, le recyclage ne sera pas la seule solution, et que le modèle proposé va atteindre ses limites.

Les entreprises vont devoir passer d’une attitude passive, ou réactive, confiant dans le message et la promesse de l’industrie du déchet : « continuez à produire sans inquiétude, triez-vos déchets, si vous le pouvez, confiez-les-nous, on s’en occupe, on les recycle … ! », pour s’engager dans une démarche PROACTIVE, c’est à dire :

  • Reprendre la main sur son poste déchet.

  • Penser conception et production avec l’objectif de tendre, petit à petit, vers le ZERO DECHET.

  • Utiliser toutes les filières des acteurs de l’économie circulaire, les organisations logistiques existantes – complémentaires à celles des prestataires déchets.

L’environnement évolue rapidement, il y a un bateau à propulsion « verte et durable» à prendre, celui-ci emmènera très loin ceux qui sauront le prendre à temps.

 

En conclusion, si les « mauvaises nouvelles » nous ouvrent les yeux, réagir et reprendre la maitrise nous fera grandir. Organisons-nous pour tendre vers le Zéro déchet !

 

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