Intégrer les ODD à sa stratégie RSE et augmenter l’attractivité de l’entreprise

May 31, 2019

 

En 2015 L’ONU a défini 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) qui visent une croissance soutenable apportant des bénéfices sociaux et environnementaux. Le rôle et la responsabilité des entreprises dans la réalisation de ces objectifs est primordial. Et en même temps, les entreprises pourront en tirer profit pour leur performance globale. Selon une étude de la Business & Sustainable Development Commission (BSDC), les ODD pourraient représenter 12 milliards de dollars d’opportunités commerciales par an d’ici 2030.

 

Parmi les ODD les plus souvent citées par les entreprises françaises ayant intégré ou ayant l’intention de les intégrer dans leurs stratégies, nous retrouvons l’ODD13 Lutte contre le réchauffement climatique, l’ODD12 Consommation et production responsables et l’ODD8 Travail décent et croissance économique.

 

Dans le cadre de la semaine du développement durable qui se tient du 30 mai au 5 juin 2019, nous vous proposons dans cet article une réflexion sur 4 ODD en lien avec notre expertise dans l’Économie Circulaire et l’optimisation du poste déchets.

 

 

 

ODD 2 : Faim « zéro »

 

Pour les industries agro-alimentaires, la réduction du gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne de valeur est un vrai défi. Aujourd’hui il s’élève à 10 millions de tonnes de matières par an et équivaut à 16 milliards d’euros de perte. Et au niveau mondial, un tiers de la nourriture finit dans des bennes ou des poubelles. Les pertes sont colossales à tous les niveaux : pertes économiques pour les producteurs et les consommateurs ; impacts environnementaux, puisque la production et la transformation demandent des ressources (de l’énergie, de l’eau...etc.) qui sont finalement gaspillées et sont à l’origine des GES ; au niveau social, cela génère une incohérence par rapport à ceux qui sont en manque de nourriture.

 

La plupart du temps la valorisation de telles matières, considérées comme des invendus ou des biodéchets, se traduit par leur orientation principalement vers des filières à faible valeur ajoutée (composter, méthaniser, épandre). Or des solutions plus vertueuses existent. Une des solutions “en bout de chaîne”, assez médiatisée, consiste à orienter les invendus vers des acteurs de solidarité, des associations caritatives et les banques alimentaires. Elles permettent effectivement de garder le caractère noble du produit et de remplir l’objectif 2 ODD de la lutte contre la faim.

 

Cependant la réflexion ne doit pas se limiter uniquement à la gestion des invendus, mais plutôt se porter vers l’optimisation des flux, et ceci dès la production primaire et à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement – et pas uniquement en bout de chaîne. En effet, certaines banques alimentaires permettent de limiter le gaspillage alimentaire en amont. Ainsi, elles sont en mesure de collecter les fruits tombés des arbres au moment de la récolte, les matières écartées au moment du tri pour des critères esthétiques ou de calibre, les produits écartés faute d’étiquettes mal collées au moment du conditionnement ou de la préparation, etc. Même « moches », « écartés », « mal coupés » ou «transformés certains coproduits peuvent rester dans la chaîne alimentaire en gardant leur qualité de matière. Par exemple, la transformation des fruits et légumes « moches » en gelée ou confiture, des drêches des brasseries qui deviennent une matière première pour d’autres industriels (biscuits, pains...etc.) sans être traitées comme des biodéchets. Le chemin est long et les initiatives sont les bienvenues !

 

 

ODD12  : Consommation et production responsables

 

La production et la consommation responsable est l’un des objectifs où l’impact positif des entreprises peut être significatif. Les leviers sont nombreux et la difficulté de leur mise en place varient selon les secteurs. En voici quelques-uns basés sur le principe de l’éco-conception :

 

- Rendre l’emballage 100% recyclable et éviter le suremballage ;

 

- Intégrer les matériaux recyclés et biosourcés dans la conception des produits. Pour les produits en plastiques par exemple, identifier les nouveaux matériaux écologiques alternatifs comme les plastiques végétaux (à partir de résidus de canne à sucre, riz, algues, mais...etc.) ;

 

- Utiliser des mono-matériaux augmentant le potentiel de recyclabilité (à l’image de la marque Adidas qui a créé une paire de baskets 100% mono-matériaux) ;

 

- Pour les industries qui utilisent des contenants en verre, privilégier ceux recyclés et allégés ; 

 

- Pour aller plus loin certaines marques proposent même du vrac, des recharges ou de la consigne limitant ainsi la génération des déchets.

 

Créer des business models basés sur l’économie de fonctionnalité peut permettre de mettre en place une production plus responsable. Ce nouveau modèle privilégie la vente de l’usage d’un bien au lieu de sa possession. C’est un véritable accélérateur de la transition vers des modèles plus respectueux de l’environnement. En effet, comme les producteurs gardent la propriété des biens tout au long de leur cycle de vie en proposant une location au lieu d’une possession, ils sont amenés à perfectionner constamment leurs produits, mettant l’accent sur la robustesse, la qualité et surtout la réparabilité de leurs biens. Ce modèle permet également de répondre aux attentes des consomm’acteurs d’aujourd’hui qui sont en quête des marques qui ont du sens, à l’image de Michelin (location de pneu aux kilomètres parcourus), Xerox (facturation des impressions au lieu de vente de matériel)…

 

 

ODD13 : Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

 

 

Le traitement des déchets contribue au réchauffement climatique. A chaque étape du cycle de vie, un produit génère des gaz à effets de serre (dès l’extraction et l’acheminement des matières premières jusqu’à la collecte et le traitement des matières non intentionnelles liées à la production). Voici quelques leviers qui peuvent être utilisés :

  • En amont, travaillez le cahier de charge destiné à vos fournisseurs ! Négociez avec vos parties prenantes des conditions qui vous permettront de diminuer le volume de déchets. Ainsi, évitez le suremballage, privilégiez le vrac ou la consigne… La collecte, le traitement et le recyclage des déchets d’emballages demandent de l’énergie et de l’eau. Favoriser le réemploi des matières est donc préférable pour une gestion optimisée de vos flux et la diminution des GES. Par exemple, vos matières premières sont acheminées et stockées dans les big bags. Afin de limiter leur traitement après une usage unique, privilégiez ceux qui sont réutilisables et sinon, facilement recyclables.

  • En aval : 1. agir sur le nombre de rotations de vos bennes en contrôlant la densité de remplissage et en adaptant vos contenants aux besoins réels et aux types de déchets (par exemple au lieu de mettre 2 contenants de 15M3 privilégiez un plus grand, au lieu d’un contrat avec un prestataire qui prévoit un nombre de rotation fixe par mois privilégiez la collecte « à la demande » au fur et à mesure de remplissage des bennes) ; 2. Mettre en place le matériel adapté qui vous permettra de densifier, déshydrater ou sécher vos déchets et coproduits. 3. Pensez à la mutualisation des collectes avec les entreprises voisines !

 

ODD17 : Partenariat pour la réalisation des objectifs 

 

Au niveau local cet objectif peut être atteint grâce aux différents projets multi-acteurs tels que les partenariats public-privés, les synergies industrielles, les partenariats entreprises-universités-écoles...etc.

 

Aujourd’hui on entend parler de plus en plus des synergies inter-entreprises qui permettent d’optimiser et de valoriser les flux d’eau, de matières et d’énergies. Comment la mutualisation de la gestion des flux entrants et sortants vous permettrait d’atteindre l’objectif 17 des ODD ? Vos matières telles que les invendus, les coproduits, les écarts ou encore les chutes de production représentent des ressources précieuses pour d’autres industries. Ces flux sortants pourront être : vendus, vous apportant des bénéfices (valorisation matières et création des filières plus locales), donnés aux associations, vous permettant ainsi de lutter contre la pauvreté et/ou le gaspillage (alimentaire, vestimentaire…) ou être échangés contre les matières dont vous avez besoin pour votre industrie. Ce modèle vous apporte ainsi des gains économiques, sociaux et environnementaux. Renseignez-vous auprès des clubs d’entreprises ou des institutions pour identifier les synergies locales possibles et saisir les opportunités d'actions collectives.

 

La mutualisation des ressources et des services au niveau local permet de réaliser des économies et de consommer de manière plus efficiente (réemployer, réparer, partager). De plus en plus d’entreprises sont séduites par le concept d’Écologie Industrielle ! Pourquoi pas la vôtre ?  

 

 

Quels avantages ?

 

L’impact positif devient crucial dans les stratégies d’entreprise pour booster leur attractivité. De plus en plus d’acteurs financiers privilégient le désinvestissement sur des projets à impact négatif et la ré-allocation vers des projets verts afin de prévenir les risques en lien avec le réchauffement climatique. De nombreuses études confirment le lien entre la performance durable de l’entreprise et le soutient qu’elle reçoit de la part d’investisseurs responsables.  

 

Selon le Global Impact Investing network, les institutions financières privilégient non plus les entreprises qui montrent que leur empreinte est nulle ou quasi nulle, mais plutôt des entreprises engagées et proactives dans leur stratégie RSE. Pour évaluer la contribution positive des entreprises, nombreux acteurs se basent sur les ODD et la manière dont ils sont intégrés à la stratégie d’entreprise et aux plans d'actions RSE.

 

Une étude de NN Investment Partners montre que les entreprises cotées à impact positif « afficheraient des taux de croissance supérieurs, des rendements de meilleure qualité et des coûts de capital moins élevés que les sociétés cotées dites sans impact. ». Selon une autre étude menée par les experts en investissement d'Amundi, vos actions en bourse sont plus attractives si vous êtes une entreprise engagée sur les sujets de ESG et RSE. Ces nombreuses études confirment une nouvelle fois que les ODD sont les alliés de votre performance RSE !

 

De nouveaux modèles comptables émergent également et pourraient devenir la norme de demain. Par exemple, la méthode CARE (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology) en expérimentation chez certaines entreprises (le cas du réseau Fermes d'Avenir) permet d’inscrire dans le bilan non seulement le capital financier mais aussi les capitaux naturel et humain.

 

Toutes ces études montrent une évidence : en mettant en œuvre les Objectifs du Développement Durable, les entreprises limitent les risques à tous les niveaux : économique, social et environnemental, tout en augmentant leur attractivité auprès de l’ensemble de leurs parties prenantes : investisseurs, fournisseurs, consommateurs, employés...

 

Et vous, avez-vous franchi le pas vers le développement durable ?

 

Indira DOSKALIYEVA

Responsable Marketing Digital et Communication 

 

 

Pour aller plus loin :

https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/les-odd-nouvel-agenda-de-durabilite-du-secteur-prive-francais-146032.html

https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/les-odd-nouveau-cadre-de-reference-emergent-pour-evaluer-les-impacts-de-la-finance-durable-146283.html

https://e-rse.net/mesurer-contribution-entreprise-odd-onu-schneider-electric-

270874/#gs.eisghx

https://www.pwc.fr/fr/publications/developpement-durable/sdg-reporting-challenge-2017.html

https://www.actu-environnement.com/ae/news/odd-developpement-durable-rse-reporting-investisseurs-novethic-31958.php4

https://www.actu-environnement.com/ae/news/retour-experience-ecologie-industrielle-territoriale-19995.php4

https://www.cci.fr/web/developpement-durable/actif

https://www.ademe.fr/expertises/produire-autrement/production-industrielle-services/passer-a-laction/lecologie-industrielle-territoriale

https://www.linfodurable.fr/finance/une-entreprise-sur-cinq-dans-le-monde-un-impact-positif-selon-une-nouvelle-etude-10296

https://e-rse.net/entreprises-ESG-RSE-performance-bourse-271864/#gs.rMIm8fQD

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/l-investissement-durable-le-nouveau-far-west-de-la-finance-817856.html

https://www.marianne.net/economie/finance-verte-bientot-la-fin-des-entourloupes-de-greenwashing

 

 

 

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